Budget et prestataire
Aides et primes pour un site internet en Belgique : ce qui existe en 2026
Au 30 septembre 2026, parmi les aides régionales présentées ici, seule la prime Digitalisation bruxelloise vise expressément la réalisation d’un site : 25 à 70 % des frais admis hors TVA, 10 000 € par année civile au plus. En Wallonie, les chèques-entreprises financent en principe du conseil, pas le site. Indépendants et petites sociétés peuvent aussi, sous conditions, obtenir une déduction pour investissement de 20 %.
Sommaire de l’article
- Existe-t-il une prime pour créer un site internet en Belgique ?
- Bruxelles : que finance la prime Digitalisation ?
- Wallonie : que financent encore les chèques-entreprises ?
- Quel avantage fiscal pour un site internet ?
- Comment demander une aide sans la perdre ?
- Quelles erreurs éviter quand on compte sur une aide ?
- Questions fréquentes
- Sources et textes officiels
L’essentiel en 30 secondes
- Bruxelles, au 30 septembre 2026 : la prime Digitalisation rembourse 25 à 70 % des frais admis hors TVA d’un site, dans la limite de 10 000 € par année civile.
- Wallonie : le chèque maturité numérique est suspendu depuis le 12 juillet 2026 ; le chèque cybersécurité (75 %) finance du conseil, pas le site.
- Fiscalité : depuis 2025, un site porté à l’actif peut ouvrir aux indépendants et petites sociétés une déduction pour investissement de 20 %, à confirmer par votre comptable.
- Pour les aides régionales, introduisez la demande avant le début de la mission : sinon, elle n’est en principe plus recevable.
Existe-t-il une prime pour créer un site internet en Belgique ?
Oui, mais au 30 septembre 2026, parmi les aides régionales présentées ici, une seule vise expressément la réalisation du site : la prime Digitalisation de la Région de Bruxelles-Capitale. Les chèques-entreprises wallons financent un audit ou du conseil autour du numérique, pas la construction du site. Au niveau fédéral, il ne s’agit pas d’une prime mais d’un avantage fiscal : la déduction pour investissement. Demandez aussi au service d’information de votre région si une autre aide, locale ou ponctuelle, peut s’appliquer à votre projet.
C’est en règle générale la région de votre siège d’exploitation qui détermine l’aide accessible, pas la langue dans laquelle vous travaillez. Chaque dispositif a sa définition : en Wallonie, le siège d’exploitation principal, celui qui emploie le plus de travailleurs ; à Bruxelles, un siège d’exploitation situé dans la région. Si vous avez plusieurs implantations, faites confirmer votre cas par le guichet. Côté langue, le SPW Économie précise que la demande de chèque peut être complétée en français ou en allemand (le 1890, lui, ne répond oralement qu’en français) : si votre entreprise est établie en Communauté germanophone, faites confirmer auprès du helpdesk des chèques-entreprises que le chèque visé s’applique à votre cas.
| Aide | Ce qui est financé | Taux | Plafond | Le site lui-même ? |
|---|---|---|---|---|
| Prime Digitalisation (Bruxelles) | Mission externe : création ou amélioration technique du site, digitalisation, sécurité | 25 à 70 % | 10 000 € par année civile | Oui, sous conditions |
| Chèque-cybersécurité (Wallonie) | Audit ou diagnostic de cybersécurité, puis accompagnement du suivi des mesures | 75 % | 50 000 € HTVA sur 3 ans | Non |
| Chèque-Création-conseil (Wallonie) | Conseil au lancement, dont un plan de communication | 75 % | 15 000 € HTVA sur 3 ans | En principe, non |
| Chèque maturité numérique (Wallonie) | Suspendu depuis le 12 juillet 2026 | – | – | Non |
| Déduction pour investissement (fédéral) | Site porté à l’actif par un indépendant ou une petite société | 20 % déduits du bénéfice | – | Possible, par l’impôt (à confirmer par votre comptable) |
Bruxelles : que finance la prime Digitalisation ?
La prime Digitalisation (premie digitalisering en néerlandais) rembourse une partie d’une mission confiée à un prestataire externe dans trois domaines : la digitalisation de vos processus, la sécurité informatique et, selon le texte, « la réalisation technique ou […] l’amélioration technique du site internet du bénéficiaire ». La base est l’article 7 de l’arrêté du Gouvernement bruxellois du 22 février 2024, pris en exécution de l’ordonnance du 13 octobre 2023. La page officielle de Bruxelles Économie et Emploi cite d’ailleurs « le développement ou l’amélioration technique du site internet de votre entreprise ». Le premier domaine, la digitalisation des processus internes, peut aussi concerner un projet d’automatisation : voyez le chapitre automatiser son entreprise.
Quel taux et quel plafond ?
Le taux de base est de 25 % des frais admis hors TVA, augmenté selon votre profil, sans jamais dépasser 70 % ni 10 000 € par bénéficiaire et par année civile. L’aide minimale est de 500 € par demande : au taux de base de 25 %, la mission doit donc représenter au moins 2 000 € de frais admis hors TVA. Deux missions de digitalisation au maximum sont aidées par année civile.
| Situation de l’entreprise | Micro ou petite | Moyenne |
|---|---|---|
| Taux de base | 25 % | 25 % |
| Starter : inscrite à la BCE depuis moins de 4 ans | + 25 points | + 20 points |
| Exemplarité environnementale reconnue | + 30 points | + 20 points |
| Exemplarité sociale reconnue | + 30 points | + 20 points |
| Maximum, majorations cumulées | 70 % | 70 % |
Quelles conditions pour le prestataire ?
C’est le point à vérifier avant tout : n’importe quel créateur de site ne convient pas. Selon l’article 12 de l’arrêté, le prestataire doit :
- être spécialisé dans le domaine et compter ce type de prestation parmi ses activités principales ;
- exercer ses activités de consultance depuis au moins deux ans et justifier sa compétence par une liste de références ;
- être indépendant de votre entreprise et vous facturer directement (c’est le terme de l’arrêté ; la page de Bruxelles Économie et Emploi mentionne aussi un service de facturation : si votre prestataire facture par une structure tierce, faites confirmer ce point par l’administration avant de signer) ;
- ne pas vous avoir déjà fourni deux missions subventionnées au cours des deux dernières années.
Le même article prévoit des dérogations quand le consultant exerce au sein d’une coopérative d’emploi. Ce guide ne se prononce pas sur l’éligibilité d’un prestataire en particulier, y compris son auteur : demandez au prestataire de confirmer par écrit qu’il remplit ces conditions. C’est Bruxelles Économie et Emploi qui décide, sur dossier ; l’arrêté lui permet de recourir à un expert extérieur pour juger de la qualité du consultant choisi (article 12). La mission doit aussi garder un caractère exceptionnel : résoudre un problème ponctuel, en six mois au plus. Vous vous engagez enfin à respecter les principes du numérique responsable annexés à l’arrêté (notamment limiter l’impact environnemental, rendre les services accessibles, appliquer des pratiques éthiques), que Bruxelles Économie et Emploi présente comme une charte.
Comment se déroule la demande ?
La demande s’introduit en ligne sur MonBEE, « au plus tard la veille du début de la mission », avec notamment l’offre du prestataire, valable à la date de la demande, et un curriculum vitae. La mission peut commencer dès le lendemain, sans attendre la décision, qui intervient en principe dans les quatre mois d’un dossier complet (un mois de plus si l’administration consulte un expert extérieur) : vous prenez alors le risque d’un refus. Elle doit en tout cas débuter au plus tard trois mois après la notification de la décision d’octroi. La prime est ensuite versée en une fois sur justificatifs, et elle fait partie de vos revenus imposables.
Wallonie : que financent encore les chèques-entreprises ?
En principe du conseil, pas la création du site. Le chèque « maturité numérique » (50 %, jusqu’à 50 000 € HTVA sur trois ans selon sa fiche) est suspendu depuis le 12 juillet 2026, date d’entrée en vigueur d’un arrêté ministériel du 9 juin 2026 qui modifie celui du 4 avril 2019, annonce le portail officiel. En attendant une refonte des aides au numérique, le portail oriente les PME vers le chèque-cybersécurité. Les demandes déjà soumises à l’administration avant cette date restent traitées. Sa fiche peut encore apparaître dans la liste des chèques : fiez-vous à l’annonce.
Les chèques encore utiles autour d’un site
- Chèque-cybersécurité
- 75 % d’intervention, jusqu’à 50 000 € HTVA sur trois ans : un audit ou un diagnostic de cybersécurité de l’entreprise, puis un accompagnement pour suivre la mise en place des actions préconisées. Utile avant de lancer une boutique en ligne ou si votre site recueille des données de clients.
- Chèque-Création-conseil
- 75 %, jusqu’à 15 000 € HTVA sur trois ans, pour un porteur de projet ou une entreprise dans sa période « post-création » de trois ans : étude de marché, plan d’affaires, rédaction d’un plan de communication… La liste mentionne aussi la réalisation d’un prototype ou d’un produit minimum viable : si votre projet est lui-même une application en ligne, demandez au 1890 s’il peut en relever.
Le principe vient du texte qui organise les chèques numériques, l’arrêté ministériel du 4 avril 2019 (article 5) : leurs coûts admissibles relèvent du pilier « conseil », et « les coûts de réalisation effective et de mise en œuvre des plans d’actions » sont exclus. L’expert qui analyse et accompagne est payé en partie ; le développement du site reste à votre charge.
Les règles communes des chèques
- PME : moins de 250 personnes, chiffre d’affaires inférieur à 50 millions d’euros ou total du bilan de 43 millions au plus ;
- siège d’exploitation principal (celui qui emploie le plus de travailleurs) en Wallonie ; selon le SPW Économie, les ASBL ne sont pas éligibles, pas plus que les entreprises dont l’activité principale relève de la pêche, de l’aquaculture ou de la production agricole primaire ;
- demande introduite sur la plateforme cheques-entreprises.be avant le début de la prestation ; l’administration a cinq jours ouvrables pour vérifier que le dossier est complet ;
- prestataire labellisé pour le chèque visé, choisi dans la liste du portail ;
- quote-part versée dans les 30 jours de la recevabilité du dossier, sinon le dossier est classé non recevable ;
- seules les prestations réalisées à partir du paiement de votre quote-part sont couvertes (article 19 de l’arrêté du Gouvernement wallon du 23 février 2017), et la prestation doit être réalisée dans les 12 mois qui suivent la notification de l’accord, précise le SPW Économie.
Quel avantage fiscal pour un site internet ?
Le site peut réduire votre impôt par l’amortissement et, depuis 2025, sous conditions, par une déduction pour investissement de 20 % réservée aux indépendants et aux petites sociétés. Les frais annuels (hébergement, nom de domaine, maintenance, abonnement à un outil en ligne) sont en règle générale des frais professionnels, déductibles sans amortissement s’ils servent votre activité et sont justifiés : votre comptable le confirme.
L’amortissement
Un site commandé à un prestataire peut, selon le cas, être porté à l’actif comme immobilisation incorporelle : c’est votre comptable qui tranche. Son amortissement fiscal suit alors les règles du Code des impôts sur les revenus 1992, que votre comptable applique. La limite entre investissement et charge (petite refonte, rédaction de contenus, maintenance) se règle aussi avec lui.
La déduction pour investissement de 20 %
Pour les immobilisations acquises ou constituées depuis le 1er janvier 2025, le SPF Finances indique une déduction de base de 10 % pour les personnes physiques et les petites sociétés, portée à 20 % pour les « immobilisations numériques ». L’arrêté royal du 20 décembre 2024 a ajouté à cette liste les systèmes (logiciels et équipements) « qui assurent la réputation, la visibilité et la présence en ligne du contribuable, ainsi que ceux qui permettent l’acquisition et la vente de clients » (article 49/1 de l’arrêté d’exécution du Code des impôts sur les revenus 1992). Un site internet ou une boutique en ligne peuvent correspondre à cette description ; faites confirmer le traitement par votre comptable avant de clôturer l’exercice.
Conditions principales, selon le SPF Finances : une immobilisation neuve, amortissable sur au moins trois périodes imposables et affectée exclusivement à votre activité professionnelle en Belgique. Avant 2025, la liste des investissements numériques visait les systèmes de paiement et de facturation numériques et la sécurisation informatique : une information antérieure à 2025 peut donc être dépassée.
Comment demander une aide sans la perdre ?
Pour les aides régionales décrites ici, la règle est la même : l’aide se demande avant de commencer. Une mission lancée trop tôt n’est en principe plus finançable. Voici l’ordre à suivre.
- Identifiez votre région : celle de votre siège d’exploitation, pas celle du prestataire.
- Appelez le guichet avant de signer : le 1890 en Wallonie, hub.info (1819) à Bruxelles. Décrivez le projet et demandez quelle aide s’applique.
- Vérifiez le prestataire : labellisé pour le chèque en Wallonie ; à Bruxelles, conforme à toutes les conditions de l’article 12 (spécialisation, activité principale, deux ans de consultance, références, indépendance, facturation). Demandez-lui de le confirmer par écrit. Les critères pour choisir un prestataire de site web restent valables.
- Obtenez une offre détaillée, qui sépare ce qui est finançable du reste. Un cahier des charges du site rend cette offre précise et comparable.
- Introduisez la demande : la veille du début au plus tard à Bruxelles, avant la prestation en Wallonie.
- Conservez les preuves : offre, convention, factures et rapport de mission, à transmettre dans les délais du dispositif.
Quelles erreurs éviter quand on compte sur une aide ?
- Compter sur un financement total : aucune des aides présentées ici ne couvre 100 %. À Bruxelles, le maximum est de 70 % ; les chèques-entreprises wallons ne couvrent en principe pas le site.
- Le prix du devis : il devrait être le même, que l’aide soit obtenue ou non. Comparez-le aux ordres de grandeur du chapitre sur le prix d’un site internet en Belgique et demandez plusieurs devis.
- Les frais oubliés : la TVA facturée par le prestataire n’est pas couverte, et l’hébergement, le nom de domaine et la maintenance reviennent chaque année à votre charge. Le chapitre sur le coût d’un contrat de maintenance aide à les chiffrer.
- La demande préparée par le prestataire : même s’il prépare ou introduit la demande pour votre compte (la réglementation wallonne le permet), c’est vous, bénéficiaire, qui vous engagez à respecter les conditions de l’aide ; à Bruxelles, la prime fait en outre partie de vos revenus imposables.
- L’information périmée : la prime bruxelloise (2024), la déduction pour investissement (2025) et les chèques numériques wallons (2026) ont tous changé récemment. Vérifiez sur le portail officiel le jour où vous signez.
Retenez ceci : les aides financent rarement le site lui-même. Construisez votre budget sans elles, et considérez une aide comme un bonus confirmé par écrit avant la signature du devis. Si le guichet ne peut pas vous confirmer l’aide, ne comptez pas dessus.
Questions fréquentes
La TVA est-elle couverte par les primes ?
Non, pas par les aides présentées ici. À Bruxelles, le taux s’applique aux frais admis hors TVA ; en Wallonie, le SPW Économie précise que la TVA est à votre charge. La TVA que facture votre prestataire (en général 21 %) n’est donc pas couverte : elle reste à votre charge sur toute la facture. Si vous êtes assujetti avec droit à déduction, vous la récupérez en règle générale dans votre déclaration TVA ; sinon, elle reste un coût à prévoir.
L’hébergement et la maintenance sont-ils finançables ?
En principe, pas par la prime Digitalisation : l’article 10 de l’arrêté bruxellois du 22 février 2024 exclut les missions qui constituent une activité permanente ou récurrente du bénéficiaire ou qui relèvent de ses dépenses de fonctionnement normales. Ces frais annuels sont en revanche, en règle générale, des frais professionnels déductibles s’ils servent votre activité et sont justifiés : votre comptable le confirme.
Une ASBL peut-elle obtenir une aide pour son site internet ?
Cela dépend de la région. En Wallonie, le SPW Économie indique que les ASBL ne sont pas éligibles aux chèques-entreprises. À Bruxelles, la prime Digitalisation vise des PME à finalité économique et commerciale, actives dans un secteur éligible : faites vérifier votre cas par hub.info (1819) avant de signer.
Combien de temps faut-il pour obtenir une aide ?
À Bruxelles, la décision tombe en principe dans les quatre mois d’un dossier complet (cinq si l’administration consulte un expert extérieur) ; envoyez ensuite les justificatifs via MonBEE dans le délai fixé par Bruxelles Économie et Emploi (vérifiez-le dans votre notification ou sur sa page). En Wallonie, l’administration a cinq jours ouvrables pour vérifier que le dossier est complet, puis vous avez trente jours à compter de sa recevabilité pour verser votre quote-part.
Sources et textes officiels
- Bruxelles Économie et Emploi – Prime Digitalisation – taux, plafond, conditions du consultant, procédure MonBEE
- Chèques-entreprises – Suspension du chèque « maturité numérique » – suspension au 12 juillet 2026, arrêté ministériel du 9 juin 2026
- Chèques-entreprises – Chèque-cybersécurité
- SPW Économie – S’informer sur les chèques-entreprises – bénéficiaires, quote-part, délais
- SPF Finances – Déduction pour investissement – régime des immobilisations acquises depuis le 1er janvier 2025
- Moniteur belge – Arrêté royal du 20 décembre 2024 (investissements numériques) – article 49/1 de l’AR/CIR 92
- hub.brussels – Digitaliser votre activité – audit gratuit du site et des réseaux sociaux
Informations vérifiées le 30 septembre 2026. Ce guide est informatif : pour une situation particulière, référez-vous aux textes officiels ou à un professionnel (juriste, comptable).